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Feu sacré (2024...)

La forge d'Héphaïstos

C'est à l'occasion des Jeux olympiques de Paris que j'ai créé ma première installation monumentale en pleine nature : un feu, parce que c'est le seul symbole universel des jeux qui a traversé les âges jusqu'à nous. ​J'en ai fait un feu alchimique, ne comprenant que progressivement qu'il s'agissait de ma propre matrice de feu. Le soir de la première, une centaine de bougies illuminait le site.

NB : cliquez sur une image pour l'agrandir et obtenir sa description

Un lieu doté d'une puissante énergie chtonienne

Parmi les lieux proposés, il y avait cette ancienne carrière de meules. La puissance chtonienne* qui s'en dégageait m'a impressionné. Idéale pour faire surgir le feu d'Héphaïstos des entrailles de la Terre. D'autant que l'endroit avait tout le potentiel pour être transformé en site antique abandonné et disposait de tous les matériaux (argile, pierre) nécessaires à l'ouvrage.

Des travaux de longue haleine

Pendant six mois, j'ai débarrassé et aménagé le site, sécurisant le front de taille, coupant les arbres morts, triant les blocs de pierre.

Le terrassement de la vasque de huit mètres de diamètre s'est fait sous la pluie qui a compacté la glaise récupérée sur le flanc du front de taille.

Le mur de soutènement de la vasque a été réalisé entièrement avec des pierres du site, à l'ancienne (technique sèche), en préservant leurs faces moussues. Des degrés ont été aménagés à flanc de colline pour avoir une vue d'ensemble et contribuer à l'ambiance : ils rappellent les gradins des théâtres antiques et adoucissent le paysage.

Les flammes ont été obtenues à partir de tranches de pierre prélevées au coin et à la masse sur un rocher, puis par taille au bédane avant d'être scellées à l'argile sur le socle de grès et d'argile. Le feu s'élève à plus de 2m 20 de la vasque.

Le méandre ainsi que les branches de la rose des vents ont été façonnés sur place avec du mortier de chaux teint dans la masse.

La coloration résultait d'oxydes de fer. De la crasse de houille a été répandue autour de la vasque pour accentuer les contrastes.

Et depuis...

Les choses ne se sont pas arrêtées le soir du 7 juin 2024. Le site continue à évoluer et de nouvelles intuitions s'y concrétisent progressivement. Un sentier peuplé de sylvains (ou kodama) traverse l'originel chaos de pierres éparses. Lors de son passage, Louis Aubert-Fournier a intuitivement installé une sculpture qui s'est révélée être un Prométhée (sans faire au départ le lien avec le feu !) et une hydre. Et d'autres projets sont en gestation...

Louis A.-F.
réalisant son Prométhée

La tête effarée de Prométhée
Gros plan sur le buste du Prométhée de Louis Aubert-Fournier
Louis Aubert-Fournier en train de façonner son Prométhée
Louis Aubert-Fournier en train de façonner la jambe droite de son Prométhée.
Prométhée enchaîné aux arbres
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