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Poésie
Quand l'intime s'offre au monde
Il m'a un jour été proposé d'illustrer le calendrier annuel de l'OCCE88 avec mes créations photographiques. De là est née l'idée d'y associer des poèmes. Formidable occasion de donner de la profondeur au jeu créatif, tout en plongeant au cœur de soi pour s'offrir au monde.
NB : cliquez sur une image ou un texte pour l'agrandir


D'eau et de feu
D’eau et de feu
Fraîchement baptisée
Pionnière sur une terre
Intérieure vierge et solitaire
Me voilà, enveloppée, légère
D’une bien étrange lumière
Première, une, familière
En elle, informée
Par elle, vivifiée
Fraîchement baptisée
Pionnière sur une terre
Intérieure vierge et solitaire
Me voilà, enveloppée, légère
D’une bien étrange lumière
Première, une, familière
En elle, informée
Par elle, vivifiée


Éclat de rire
D’aussi loin que je sache
Tu m’as toujours été proche
Dans l’oubli
Du fond de mes nuits
D’absence où je t’ai fuis
Comme dans l’infini
De mes désirs
Que d’un éclat de rire
Tu assouvis
En une explosion de vie
Tu m’as toujours été proche
Dans l’oubli
Du fond de mes nuits
D’absence où je t’ai fuis
Comme dans l’infini
De mes désirs
Que d’un éclat de rire
Tu assouvis
En une explosion de vie


Trésor
N'oublie pas
Que c'est au fond
Au fin fond de toi
Que se trouve
Le plus grand des trésors
Plonge
Sans relâche
Tes filets
Dans ta mer intérieure
Relève-les
Pour découvrir
L'univers qui te peuple
Apprivoise les êtres
Qui y séjournent
Attendant
De se révéler à toi
De te révéler à toi-même.
Que c'est au fond
Au fin fond de toi
Que se trouve
Le plus grand des trésors
Plonge
Sans relâche
Tes filets
Dans ta mer intérieure
Relève-les
Pour découvrir
L'univers qui te peuple
Apprivoise les êtres
Qui y séjournent
Attendant
De se révéler à toi
De te révéler à toi-même.


Point-trait
Point-trait.
Que cherches-tu
À me dire
En ce langage
Point du fonds des âges
Aurait-ce trait à ce tapage
Qui en moi fait rage
Et dont tu n’as que faire
Sauf à finir par le défaire
Silence ?
Parfait !
Que cherches-tu
À me dire
En ce langage
Point du fonds des âges
Aurait-ce trait à ce tapage
Qui en moi fait rage
Et dont tu n’as que faire
Sauf à finir par le défaire
Silence ?
Parfait !


Murmure
Un léger souffle d'air
Un murmure
Trois fois rien
Puis quelques notes
D'une musique
Plus affirmée
Soudain
Mille cordes endiablées
En choeur
Se mettent à virevolter
Enfin
Decrescendo
Jusqu'au Rien
Un murmure
Trois fois rien
Puis quelques notes
D'une musique
Plus affirmée
Soudain
Mille cordes endiablées
En choeur
Se mettent à virevolter
Enfin
Decrescendo
Jusqu'au Rien


Hubris
N’as-tu pas, sombre idiot
Tout enflé d’avoir avec brio
Percé le secret de l’atome
Considérant, juste axiome
Qu’éminent démiurge tu es
Qu’à ton hubris tout ce qui est
Se plie, se donne ou se soumet
Peur d’être un jour
Dans une ultime stupeur
Vitrifié à ton tour ?
Tout enflé d’avoir avec brio
Percé le secret de l’atome
Considérant, juste axiome
Qu’éminent démiurge tu es
Qu’à ton hubris tout ce qui est
Se plie, se donne ou se soumet
Peur d’être un jour
Dans une ultime stupeur
Vitrifié à ton tour ?


Au creux d'un bois
Il est là
Au creux d'un bois
Se reposant
Satisfait
Heureux
En paix
Cela fait déjà une éternité
Certains
Esprits chagrins
Le croiront mort
Pétrifié
Ils ont bien tort
Approche et entends
Le friselis de sa voix
Quand à ton oreille
Il murmure tout bas.
Au creux d'un bois
Se reposant
Satisfait
Heureux
En paix
Cela fait déjà une éternité
Certains
Esprits chagrins
Le croiront mort
Pétrifié
Ils ont bien tort
Approche et entends
Le friselis de sa voix
Quand à ton oreille
Il murmure tout bas.


Deviens
Va ! Vis ! Deviens !
De ma force
Nourris-toi
À ma source
Abreuve-toi
Tel le point
D’où le trait s’étire
Manifeste, inspire
Exulte, disert
Jubile et sers
De ma force
Nourris-toi
À ma source
Abreuve-toi
Tel le point
D’où le trait s’étire
Manifeste, inspire
Exulte, disert
Jubile et sers


Fraternité
Barrière ou enclos
Que peut-il bien y avoir
Derrière ?
Ou devant ?
Et s'il ne s'agissait que
D'une bande de copains
Se donnant la main ?
D'un pont vu de travers ?
D'une échelle
Couchée par terre ?
Peu m'importe
J'aime la chaleur
L'agissante fraternité
Qui se dégage
De ces lignes entrelacées.
Que peut-il bien y avoir
Derrière ?
Ou devant ?
Et s'il ne s'agissait que
D'une bande de copains
Se donnant la main ?
D'un pont vu de travers ?
D'une échelle
Couchée par terre ?
Peu m'importe
J'aime la chaleur
L'agissante fraternité
Qui se dégage
De ces lignes entrelacées.


Renaissance
Inconcevable mystère
Que l’art consistant
Pour le vivant
À se fondre en terre
Mourir étouffé
Sans bruit
S’effacer dans une nuit
Où l’on pense qu’il erre
Sans but et sans appui
Alors que déjà bruit
Le chuchotis
De son retour à la vie
Que l’art consistant
Pour le vivant
À se fondre en terre
Mourir étouffé
Sans bruit
S’effacer dans une nuit
Où l’on pense qu’il erre
Sans but et sans appui
Alors que déjà bruit
Le chuchotis
De son retour à la vie


Chiroptère
Tel un oiseau de nuit
Du fond des ténèbres
Le voilà qui surgit
S'élevant puissamment
Dans un imperceptible
Bruissement d'ailes
Imparable
Redoutable
Formidable
Et pourtant
Il n'est rien
Rien que du vent.
Du fond des ténèbres
Le voilà qui surgit
S'élevant puissamment
Dans un imperceptible
Bruissement d'ailes
Imparable
Redoutable
Formidable
Et pourtant
Il n'est rien
Rien que du vent.


Séraphique
À peine née
Pas de la dernière pluie
De l’aube immaculée
Le fruit, ça oui
Me voilà, ingénue
Reflet du firmament
Fraîche, encore crue
Sublime et nue
M’offrant à toi
Séraphique !
Pas de la dernière pluie
De l’aube immaculée
Le fruit, ça oui
Me voilà, ingénue
Reflet du firmament
Fraîche, encore crue
Sublime et nue
M’offrant à toi
Séraphique !


Retournement
Ô ma douce
Que ne t’ai-je choyée
Alors que brouss’
Mon âme égarée
Délaissée
Un autre, de toi
S’est emparée
À mon grand désarroi
Pardonne, ô bien-aimée
Fredonne enfin, désirée
Toute à l’ivresse retrouvée
D’être au tréfonds envisagée
Que ne t’ai-je choyée
Alors que brouss’
Mon âme égarée
Délaissée
Un autre, de toi
S’est emparée
À mon grand désarroi
Pardonne, ô bien-aimée
Fredonne enfin, désirée
Toute à l’ivresse retrouvée
D’être au tréfonds envisagée


Ex nihilo
D'abord vide
L'espace petit à petit
Se remplit
Des lignes apparaissent
Profondes, contrastées
Un paysage se dessine
Montagneux
Avec ses fleuves
Et ses vallées
À moins qu'il ne s'agisse
D'un fond marin
Ce monde lointain
Reste néanmoins
Largement indistinct
Comme à l'aube
D'une nouvelle année.
L'espace petit à petit
Se remplit
Des lignes apparaissent
Profondes, contrastées
Un paysage se dessine
Montagneux
Avec ses fleuves
Et ses vallées
À moins qu'il ne s'agisse
D'un fond marin
Ce monde lointain
Reste néanmoins
Largement indistinct
Comme à l'aube
D'une nouvelle année.


L'Être aimé
Que ma joie éclate
Et en Toi demeure
Ô Être aimé
Accueille-moi en ton sein
Sublime parure de perles
Ciel étoilé de mes jours
Cathédrale de lumière
À mon coeur sers d'écrin
Qu'à jamais y résonne
Mon chant cristallin
Cantique d'amour
Louange passionnée
Le jour de cette fête
Que sont nos noces
Au soir de ma vie.
Et en Toi demeure
Ô Être aimé
Accueille-moi en ton sein
Sublime parure de perles
Ciel étoilé de mes jours
Cathédrale de lumière
À mon coeur sers d'écrin
Qu'à jamais y résonne
Mon chant cristallin
Cantique d'amour
Louange passionnée
Le jour de cette fête
Que sont nos noces
Au soir de ma vie.


Une vie
Plonge
Ô mon âme
Dans ton humanité
Paysage tantôt glacial
Tantôt d'une douceur inégalée
En apparence figé
Mais ô combien tourmenté
Il fait bon s'y plonger
Une fois ses ombres
Apprivoisées
Le chatoiement à peine voilé
De ses multiples nuances
Est là pour te rappeler
Combien fut difficile
Mais sans regret
La traversée
Ô mon âme
Dans ton humanité
Paysage tantôt glacial
Tantôt d'une douceur inégalée
En apparence figé
Mais ô combien tourmenté
Il fait bon s'y plonger
Une fois ses ombres
Apprivoisées
Le chatoiement à peine voilé
De ses multiples nuances
Est là pour te rappeler
Combien fut difficile
Mais sans regret
La traversée


La forêt
La forêt m'appelle
Et me réclame
Ecoute son appel
Ô voyageur
Compagnon de route
Ou simple passant
Ce n'est pas celui
De sirènes
L'un de ceux qui t'égare
Et te sème
Cette exhortation
Est mère de Vie
Va, suis-là
Et au creux des sources
Tu te retrouveras
Entier.
[hommage à Émile Gallé]
Et me réclame
Ecoute son appel
Ô voyageur
Compagnon de route
Ou simple passant
Ce n'est pas celui
De sirènes
L'un de ceux qui t'égare
Et te sème
Cette exhortation
Est mère de Vie
Va, suis-là
Et au creux des sources
Tu te retrouveras
Entier.
[hommage à Émile Gallé]


Labyrinthe
Quel sens engager
Où me risquer
Croître et progresser
Sans pour autant plier
Ni Thésée
Que piètre roitelet !
Non plus qu’Icare
De si triste tiare lauré !
En tout, toujours
Demeurer léger
Jour après jour
Plus alerte et gracile
Eveillé, vif, habile
Pour, du labyrinthe
Par le Haut me libérer
Où me risquer
Croître et progresser
Sans pour autant plier
Ni Thésée
Que piètre roitelet !
Non plus qu’Icare
De si triste tiare lauré !
En tout, toujours
Demeurer léger
Jour après jour
Plus alerte et gracile
Eveillé, vif, habile
Pour, du labyrinthe
Par le Haut me libérer


Le Rien
Secret abîme du rien
Fond sans fond mien
Saint des saints, entrailles
Où les replis
De mon coeur en intaille
Scellent le Dit
Où tout s’abstient
Même le firmament
S’y efface, éteint
Suspendu au souffle Un
Fond sans fond mien
Saint des saints, entrailles
Où les replis
De mon coeur en intaille
Scellent le Dit
Où tout s’abstient
Même le firmament
S’y efface, éteint
Suspendu au souffle Un


Farandole
Folle farandole
Ou danse frivole
Nul n'a jamais su
Pourquoi elles se sont
Ainsi mises à nu
Ivres de joie
Festoyant
Pour honorer
Le retour des longs jours
Tendrement lovées
Au creux de ses rais
Le soleil pour amant
Déclamant en silence
Dans leur folle transe
La Vie que revoilà
Ou danse frivole
Nul n'a jamais su
Pourquoi elles se sont
Ainsi mises à nu
Ivres de joie
Festoyant
Pour honorer
Le retour des longs jours
Tendrement lovées
Au creux de ses rais
Le soleil pour amant
Déclamant en silence
Dans leur folle transe
La Vie que revoilà


Été indien
Ultimes rais de l’été
Venez de votre douceur
La peau me caresser
Le coeur réchauffer
Même s’il me faut bien
Quand l’heure sonne
Avec quelques regrets
Vous laisser aller
Venez de votre douceur
La peau me caresser
Le coeur réchauffer
Même s’il me faut bien
Quand l’heure sonne
Avec quelques regrets
Vous laisser aller


Vent d'automne
Comme je t’aime
Et t’affectionne
Quand d’un faire chamarré
Tu enlèves et envoles
En une intense farandole
Le monde qui s’étiole
Tel l’amant enamouré
Qui loin de se lasser
Ne cesse, amusé
De presser, insatisfait
Vent d’automne
Et t’affectionne
Quand d’un faire chamarré
Tu enlèves et envoles
En une intense farandole
Le monde qui s’étiole
Tel l’amant enamouré
Qui loin de se lasser
Ne cesse, amusé
De presser, insatisfait
Vent d’automne
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